« C’est la solitude qui rend la douleur terrible »

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Modesta naît le 1er janvier 1900. « L’art de la joie » retrace sa vie, de sa naissance dans une famille pauvre, à tous les sens du terme, à la fin de sa vie, riche, lettrée, aimée et heureuse.

Quelle lecture pénible que ce roman… Dès les premières pages, le style de l’auteure m’a mise mal à l’aise. Le texte passe sans cesse de la première à la troisième personne sans que j’ai pu en saisir l’intérêt. Cette particularité ajoutée aux très nombreuses ellipses m’a rendu la lecture difficile et en a ôté tout plaisir.

Cerise sur le gâteau: mon incapacité à ressentir la moindre empathie pour le personnage principal, froide, calculatrice et ne reculant devant absolument rien pour servir ses intérêts. Les personnages évoluant en vase clos et dissertant sans relâche sur leur petite personne, mieux vaut ne pas trop se sentir désintéressé par ce qu’ils sont si on veut espérer trouver un peu de joie dans cette lecture.

J’ai lu partout que ce roman était un chef d’oeuvre. Il fait peut-être partie des ouvrages qui nécessitent une certaine maturité pour être appréciés. Tant pis pour moi.

J’en suis d’autant plus déçue que l’émancipation de la femme, la maternité et la liberté sont au coeur du texte et que ce sont des thèmes qui me font facilement vibrer. Certaines phrases m’ont laissée espérer mais en vain.

Extraits:

« Eh, j’en ai appris de cette bourgeoise! Elle était remarquable ! Elle lisait, au lieu de se massacrer à faire des enfants. »

« Moi, je créerais un syndicat des enfants contre ce duo terrifiant que sont le père et la mère qui, pour un bout de pain et un jouet, réclament un prix d’amour trop élevé pour n’importe quelle personne normale. »

« Il s’est passé que tu ne te contentais de rien, poursuivant ton rêve de perfection, et maintenant tu gis enterrée à six pieds sous terre dans mon jardin et tu voudrais retourner à hier. Mais pour celui qui vit, hier ne sert que d’engrais pour cet aujourd’hui neuf, tangible, plein de soleil. »

« Attention, vous, privilégiées de la culture et de la liberté, de ne pas suivre l’exemple de ces négresses parfaitement alignées. A la place des mains cisaillées par l’eau de Javel, pour vous se préparent des années du sinistre exercice masculin qui consiste à attacher les plus pauvres à la chaine de montage et l’atroce nuit sans sommeil de l’efficacité à tout prix. Et après vingt années de cet exercice, vous vous trouverez enfermées dans des gestes et des pensées distordus comme ce spectre qui sourit par devoir bureaucratique, matérialisation ni masculine ni féminine, figées devant le vide et pleines du regret de votre identité perdue. »

« Mais à quarante ans, à cinquante, l’être humain, s’il n’a pas péri dans la guerre sociale permanente, devient dangereux, il se pose des questions, réclame de la liberté, du repos, de la joie. Même le mot de vieillesse ment, Modesta, il a été rempli de fantômes effrayants comme le mot de mort pour te faire tenir tranquille, respectueuse de toutes les lois instituées. »

« Si tu perds un fils, ton fils, tu te repentiras de m’avoir fait naître. Et tu vieilliras avec ce regret, à jamais enfermée dans le souvenir de moi. »

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