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« Le fou se croit sage et le sage se reconnaît fou » 6/9

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Ce que l’on peut reconnaître à Lucie, c’est qu’elle sut tirer un enseignement de son expérience passée et ne refit pas les mêmes erreurs.

Elle dessina pour Daphné trois robes pour lesquelles elle proposa trois échantillons de tissus très basiques. La beauté des modèles tenait à leur coupe et pas à l’étoffe. Leur essence résidait dans le savoir-faire de Lucie. Il lui serait toujours possible de trouver un tissu de meilleure qualité que celui des prototypes, mais elle ne perdrait cette fois-ci pas une journée entière au volant de sa voiture pour se le procurer.

Lorsqu’elle eut terminé ses croquis, elle ne parvint pas à joindre Daphné. Une inquiétude sourde s’empara d’elle. Le décompte des jours qui restaient à courir avant la noce défilait à toute allure devant ses yeux et elle pouvait entendre son coeur battre dans sa poitrine.

Plutôt que d’attendre derrière son téléphone que Daphné la rappelle, elle prit la décision de lui transmettre les modèles par mail. Sitôt fait, la pierre fut dans le jardin de Daphné et Lucie se sentit libérée. Elle hésita à donner une date butoir à son amie passée laquelle elle désengageait sa responsabilité quant au rendu de la robe avant le grand jour, mais elle y renonça à la dernière minute. Elle ne souhaitait pas la froisser.

Il lui fallut cependant attendre plus de quinze jours au cours desquels elle multiplia les appels désespérés à Daphné pour tenter de lui faire prendre conscience des délais, sans aucun effet visible sur elle, si ce n’est un agacement marqué lorsqu’elle finit par lui répondre, par mail elle aussi, qu’elle portait son choix sur le deuxième modèle, mais qu’elle avait omis d’informer Lucie d’une très légère contrainte. La famille de son fiancé avait pour tradition de toujours inclure dans la parure de la mariée un satin de grande valeur brodé à la main par une de ses aïeules. Impossible de se dérober à cette coutume à laquelle se pliaient toutes les femmes de la famille depuis plusieurs décennies. Daphné suggérait brièvement à Lucie de créer un empiècement sur le modèle qu’elle avait choisi et concluait en qualifiant la modification d' »absolument mineure ».

Toute à sa joie d’avoir enfin une réponse de son amie, Lucie ne se formalisa pas de ce détail. Elle l’appela immédiatement en vue de convenir d’un rendez-vous pour qu’elle lui confie le trésor familial. Impossible d’acheter le tissu de la robe sans connaître précisément la teinte et les dimensions du satin. Elle dut se contenter du message préenregistré de son répondeur.

 

7 commentaires sur « « Le fou se croit sage et le sage se reconnaît fou » 6/9 » Laisser un commentaire

  1. Je n’en peux plus de ce piège. Injoignable, changeant les données de base, elle ne serait pas un brin perverse la Daphné ? Et Lucie, elle va se laisser nier comme ça jusqu’au bout ou…?

  2. Grrrrrrrr daphnéééée !!!!!! Les gros mots me titillent la langue !!!! Je note la tentative intelligente de Lucie au début de ce passage pour passer à côté de l’aliénation sans être frontale !!!! J’adore j’adore j’adore !

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