Ateliers d'écriture·Uncategorized

« Nous ne voyons jamais les choses telles qu’elles sont, nous les voyons telles que nous sommes. »

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Au cours du dernier  atelier d’écriture, l’animatrice a proposé le sujet suivant:

« En arrivant sur votre lieu de vacances, vous vous apercevez que votre valise a été échangée à l’aéroport. En découvrant ce qu’elle contient, vous imaginez à qui elle appartient. »

Temps imparti: 50 minutes

Pour ma part, j’ai écrit ça:

« C’est en soulevant à deux doigts et d’un air semi-dégoûté le dixième string que contenait cette valise que j’acquis définitivement l’assurance qu’elle n’était pas la mienne. En tous points semblable à celle qui transportait mes précieux carnets, mes chaussures de randonnée, quelques tee-shirts blancs tous similaires et autant de pantalons gris, mais pas la mienne.

Qui pouvait bien avoir besoin d’autant de choses inutiles pour partir en vacances?

Les sous-vêtements, si petits qu’ils auraient pu être taillés dans les chutes de mes mouchoirs (si toutefois je me mouchais dans de la dentelle rose), plaidaient en faveur d’une très jeune femme. Personne ne rentre  dans du 36 passé vingt-cinq ans.

J’imaginais déjà une Lolita peroxydée au teint de pêche et aux lèvres ourlées en train de déballer ma valise à moi et le désespoir qui devait la saisir à l’idée de porter des culottes Playtex bien trop grandes pendant toute une semaine.

Cette pensée me consolait quelques minutes et je poursuivais l’exploration de la valise de ma bimbo.

Un sèche-cheveux. La pauvre chérie va être privée de brushing une semaine!

Une trousse à maquillage plus garnie qu’un Sephora. Comme si on avait besoin d’autant d’artifices à dix-sept ans!

Des jupes plus courtes que mes ceintures, des tee-shirts à paillettes et des chaussures à talons. Le cliché de la fille que j’aurais détestée au lycée. Et qui n’aurait même pas su que j’existais.

Une boite en métal pleine de …lait en poudre! Oh mon Dieu! La bimbo a un bébé! A s’habiller comme ça, ce n’est pas étonnant. La pauvre. Je suis sûre qu’elle est seule avec son petit. Des vacances pour se changer les idées après des mois d’obscur désespoir à changer des couches dans sa sombre studette de jeune fille. Si c’est pas malheureux!

Ah ben non en fait… Peut-être pas si seule que ça… Ou alors elle porte des tee-shirts d’homme par dessus ses pantalons trop moulants.

D’accord! D’accord! Je me suis trompée. Elle n’est pas seule. Mais ça n’empêche pas qu’elle soit désespérée, non?

Elle, toute jeunette, ferme et pimpante, qui a cédé aux avances de son patron dans l’espoir de voir son stage transformé en CDD et se retrouve maintenant à traîner un vieux avec elle en vacances. C’est pas une vie ça!

Si elle n’est pas désespérée maintenant, elle le sera quand elle aura mon âge et qu’elle devra nourrir papy à la cuillère. Croyez-moi!

Quoique… Soit papy a perdu le sens commun et va s’encanailler à des conventions de skaters, soit il n’est pas si papy que ça.

Un bébé couple! Le pire des scenarii ! En vacances aux frais de leurs parents. C’est tout beau tout rose. Ca croit en l’amour éternel et à la fibre parentale. Je ne leur donne pas deux ans pour remettre les pieds sur terre et se rendre compte de l’énorme erreur qu’ils ont commise. Quel gâchis!

Tiens. Un Ipod. A défaut de pouvoir entrer dans leurs vêtements, je vais écouter leur musique. Je suis curieuse de savoir sur quoi ça danse les jeunes d’aujourd’hui.

Best of 90’s? Wham? Cure? Oasis?

Mais elle a quel âge cette jeune? C’est de la musique de ma génération ça!

Je n’ai pas d’autre choix que de feuilleter son agenda. Il faut bien que je sache à qui rendre cette valise une fois rentrée à Paris.

Elle s’appelle donc Marie. Je suis bien avancée. Une Marie, ça peut avoir de sept à soixante-dix-sept ans. Ce n’est pas comme une Lily-Rose ou une Huguette une Marie. Ca ne veut rien dire!

Ah! Mais tiens! Une photo!

Bon, d’accord. Marie n’est pas une bimbo. Elle est plutôt le genre à porter la mini-jupe et les paillettes avec classe.

D’accord. Marie n’est pas mariée à un vieux débris mais à un jeune sportif aux dents blanches.

Si je suis honnête, Marie a à peu près mon âge d’ailleurs. Mais elle est belle et souriante. Elle semble sympathique même.

Sur la photo, l’homme la regarde avec les yeux de l’amour et leur bébé joufflu rit aux éclats.

La petite famille parfaite.

Tout ce que je déteste! »

Et un petit coucou particulier à Myriam qui m’a accompagnée ce soir là.

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7 commentaires sur “« Nous ne voyons jamais les choses telles qu’elles sont, nous les voyons telles que nous sommes. »

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