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« Du moment qu’on a un crayon dans sa poche, il y a de fortes chances pour qu’un jour ou l’autre, on soit tenté de s’en servir »

unnamed.jpgRendons-nous à l’évidence, ce blog peine à parler couture depuis plusieurs mois. Je ne couds plus ou seulement pour des trucs vraiment peu intéressants. Mes enfants ont grandi et préfèrent les vêtements du commerce. Je n’ai pas besoin d’un nouveau vêtement par mois et je refuse de coudre sans en avoir l’utilité. Quant aux cadeaux faits-main… J’ai craint de sombrer dans le syndrome de la tante Germaine si je n’offrais QUE ça et j’ai donc fini par ne plus du tout en offrir. Bref. Côté couture, c’est la dèche. J’ai bien le projet de m’y remettre à la rentrée mais j’ai souvent tendance à être optimiste quant au temps qui me restera disponible au cours de l’année quand les enfants ne vont plus ni à l’école ni au conservatoire. J’oublie vite les allers-retours incessants qui grignotent mes journées et ma santé mentale.

En résumé, si j’attends de me remettre à la couture,  ce blog va sombrer dans l’oubli plus tôt que prévu.

Ceci-dit, comme je ne me soucie d’aucune cohérence quant à ce que je publie ici, que vous avez été très nombreux à m’envoyer de très gentils messages sur mes récentes publications de petites histoires et que plusieurs d’entre vous ont été plus que déçus des fins que j’ai écrites aux deux dernières, j’ai eu une petite idée.

Je me suis dit que, pour me faire pardonner, j’allais écrire le début d’une petite histoire d’été et que j’écrirais la suite en fonction de ce que vous me donnerez comme indications. Comme ça, plus de déception. Plus de gentil qui meure ou de méchant impuni. Sauf si vous en avez envie.

Si ça vous tente, je fais un test, là, tout de suite, maintenant. J’ai écrit un commencement. Laissez-moi des idées de suite en commentaire. Juste pour le prochain épisode. Pas besoin de se projeter trop loin. Je choisis une de vos idées et j’écris la suite.

Allez! On y va!

« Depuis des semaines, Paris suffoquait. La touffeur de cet été ralentissait la vie trépidante de la capitale. Les pannes de trains se multipliaient, raccourcissant les journées des travailleurs déjà rendus hagards par la chaleur et les nuits sans sommeil. Dans les réunions qui se faisaient de plus en plus rares, il n’était plus question de rentabilité ou de performance. On ne parlait plus que des températures caniculaires et on s’échangeait les meilleures adresses de spots climatisés.

Il régnait une ambiance de fin du monde. Toute l’énergie des parisiens était concentrée sur la météo, que ce soit de façon pragmatique en recherchant la meilleure façon de s’adapter à cet été hors du commun ou plus militante en se focalisant sur ce qui avait bien pu nous conduire à une telle situation.

L’idée de la chaleur avait phagocyté toutes les pensées du quotidien. Il ne restait qu’elle.

Laure ne faisait pas exception. Elle souffrait de cette vague de chaud depuis des semaines. Comme ses concitoyens, elle consacrait une bonne partie de ses journées à rechercher un peu de fraicheur. La température de son petit appartement ne fléchissait pas, même la nuit. Elle dormait toutes fenêtres ouvertes, caressant l’espoir d’un courant d’air venant rafraichir son sommeil mais ne récoltait que des nuits blanches bercées par les vagissements des ivrognes rentrant des bars de son quartier où ils s’étaient désaltérés à la bière.

Sitôt levée de ses trop courtes nuits et à peine revigorée par une douche froide, elle devait affronter l’épreuve du métro où la moiteur et les odeurs avaient plus d’une fois manqué de lui faire perdre connaissance. Puis venait l’air brûlant de son bureau brassé par son petit ventilateur inutile et le défilé incessant de ses collègues qui ne l’étaient pas moins.

Des semaines que ses journées se répétaient ainsi, inlassablement. Comme un petit acompte qu’aurait pris le purgatoire sur sa mort.

Néanmoins, Laure restait optimiste. Ce soir, elle prenait le train pour rejoindre le bord de mer, l’air frais et les embruns. Trois semaines de vacances loin de son ordinateur, loin des exigences de son patron, loin de toute cette routine qu’elle supportait de plus en plus difficilement les années passant.

Ce matin, elle avait fermé ses volets, copieusement arrosé ses quelques plantes, déposé son chat chez sa voisine du dessous et elle avait pris le même métro que tous les jours mais avec une énorme valise rose pleine à craquer. Ce soir, à 18h50, elle serait dans le train avec des chips trop chères et un magazine qui ferait insulte à son intelligence.

Rien ne pouvait ternir ce moment qu’elle attendait depuis plus de onze mois maintenant. Pas même sa mère qui l’appela à onze heures pour lui proposer de déjeuner chez elle le lendemain, feignant d’oublier son départ pourtant moult fois rappelé. Pas même Laurent, son supérieur, lorsqu’il déboula dans son bureau à quinze heures avec une énorme pile de dossiers devenus subitement extrêmement urgents. Rien.

Rien, à part, peut-être, un petit contre-temps de dernière minute.

Ce soir-là, quand Laure quitta le bureau, elle avait le cœur léger. Elle ne se soucia presque pas de la bouffée d’air vicié qui la saisit quand elle descendit les marches du métro. Elle ne s’agaça pas lorsque la rame ralentit pour finir par s’immobiliser entre deux stations. Elle trépigna à peine lorsque le conducteur du train fit une annonce visant à prévenir les passagers que l’arrêt avait une durée indéterminée et qu’ils seraient avisés de ne pas descendre sur les voies pour finir le trajet à pieds. Elle ne commença à s’agiter que lorsqu’il devint évident que, même avec la meilleure volonté du monde, même en rappelant à elle ses plus belles années d’athlétisme, même comme ça, elle ne pourrait jamais arriver à temps à la gare pour monter à bord du train qui devait l’emmener loin de tout ça.

Et, même à ce moment-là, Laure ne se sentait pas totalement désespérée. Peut-être parviendrait-elle à changer son billet pour le train suivant? Le voilier qu’elle avait loué avec les amis qui l’attendaient sur place depuis une semaine ne partait que le lendemain matin. Il devait bien y avoir un autre train, tard ce soir ou très tôt demain, qui pourrait la conduire à bon port.

Mais la guichetière de la SNCF ne voulait rien entendre. Le prochain train en circulation partait le lendemain à onze heures. Ses amis s’entêtèrent aussi à se montrer désolés pour elle sans lui apporter la moindre solution lorsqu’elle les appela pour leur exposer la situation. En bons citadins, aucun d’entre eux ne possédait le permis de conduire et il était tout à fait impensable de retarder l’appareillage du voilier.

A 22h40, Laure dû se rendre à l’évidence que ces vacances tant attendues, ces quelques jours pour lesquels elle avait travaillé toute l’année, ces trois semaines de liberté entre amis, venaient de tomber à l’eau.

Alors, à 22h41, Laure s’assit sur sa grosse valise rose et, avant de reprendre le métro pour rentrer chez elle où même son chat ne l’attendait pas, elle pleura. »

A vous!

7 commentaires sur « « Du moment qu’on a un crayon dans sa poche, il y a de fortes chances pour qu’un jour ou l’autre, on soit tenté de s’en servir » » Laisser un commentaire

  1. Non ne pas se laisser abattre, elle en avait tant rêvé. Elle ne pouvait pas abandonner comme ça. Elle réfléchissait, elle essayait d’imaginer des moyens, de trouver une solution. Et si elle faisait du stop, comme une fois quand elle avait 15 ans, pour aller rejoindre son amoureux d’enfance, en Normandie. Mais cette fois sa mère ne viendrait pas la chercher, cette fois elle ne rentrerait pas dans un silence de mort, cette fois personne ne saurait. Cette fois elle réussirait, elle leur ferait la surprise, à ces amis peu compréhensifs, elle serait même sur le pont avant eux. Elle trouverait bien un conducteur au long court prêt à l’embarquer et à l’emmener à bon port. Elle secha ses larmes et retourna chez elle. Vite la valise ouverte, vite le sac à dos avec le minimum, vite un tour de clés définitif. Direction le périph….

    Mon écriture est sèche.. Je ne manie pas les mots comme toi… J’ai écrit ça rapidement sur un coup de tête…
    Je suis à 2 pas de Lille, dans un petit camping à Bondues et demain visite de Lille à vélo, bisous

  2. Et si c’etait Un signe…comment supporter finalement des collègues meme pas capable de l’aider, pendant une semaine, et en plus sur un bateau!!!
    Ainsi soit-il, je fais ce que je veux et je me casse!!!

  3. Comment se laisser abattre quand il s’agit de vacances ! Mais non il existe des cars ou un omnibus faisant plein d’arrêts mais arrivant quand même ou le bon vieil auto stop mais de nuit bof … et surtout pourquoi ne pas larguer ces amis qui n’en sont pas puisque pas capables de l’attendre et s’offrir un tout autre voyage

  4. J’hésite entre réalisme et science fiction…
    Mais j’opterai pour l’inconnu qui l’aborde. Rencontre improbable mais dont découlera toute une série déavnetures et une grosse remise en question.

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