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« C’est ce qui échappe aux mots que les mots doivent dire »

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C’est une fragilité qui existe depuis toujours.

Un petit éclat, une brèche à la naissance. Une disposition de l’esprit qui brouille le quotidien. Une sensibilité différente que le monde alentour ne voit pas.

On lève parfois un peu la voix pour faire rentrer l’enfant dans le rang, calmer un « caprice ». On ferme les yeux.

Mais la souffrance demeure.

C’est une difficulté à trouver une place parmi les autres, à comprendre le monde et ses codes.

Souvent, les autres se moquent ou taquinent gentiment cet enfant un peu gauche et la tête accrochée aux étoiles.

Et la souffrance grandit .

Le fossé se creuse entre celui qui essaie mais ne parvient pas et le monde qui ne comprend pas.

C’est la tentation de jouer un rôle. De s’offrir différent pour être aimé. Attendre que l’être se conforme au paraître. Y croire.

Laisser la souffrance vous anéantir.

Et un jour, il y a le fracas. L’évènement qui fait tout basculer, rompt les fils de soie du pantin.

Tout s’effondre.

Désespérément, tenter de continuer comme avant. Faire semblant d’encore croire en la vie. Pour la galerie.

Mais sentir le bouillonnement du coeur devenir incontrôlable. Vivre la gorge nouée et les larmes aux yeux. Et se laisser submerger par la vague.

S’entêter, s’enliser, s’empêtrer, s’agiter. Et céder. Ne plus pouvoir lutter.

Perdre le contrôle et s’enfermer, veiller, éviter, perdre pied.

Etre envahie par la souffrance jusqu’à se confondre avec elle. Se figer en un cri muet.

Ne plus savoir exister.

Supplier que tout s’arrête. Un instant, croire à demain. Ne tenir que pour cet instant. continuer à arborer cette apparence de calme plat à peine troublée de quelques incongruités.

Mais se battre à chaque instant pour ne pas se laisser avaler par la gueule béante du néant qui soulage les souffrances pour l’éternité.

 

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5 commentaires sur “« C’est ce qui échappe aux mots que les mots doivent dire »

  1. Ce texte me touche, me fait peur aussi… Je crois que mon fils pourrait en être l’auteur, cette souffrance, cette sensibilité extrême qu’on a mis tant de temps à comprendre, à réaliser…
    Votre enfant trouve probablement tout l’amour et le réconfort nécessaire à vos côtés, j’espère que vous aussi vous avez un endroit pour vous ressourcer…

  2. Tu sais, je ne pensais pas que c’était aussi difficile d’être maman. On a nos problèmes mais on ressent aussi tellement fort ceux de nos enfants!!! Si tu savais le nombre de fois où je me suis dit que je n’aurais pas du être maman parce que j’ai le sentiment de ne pas y arriver avec eux… Je pense très fort à toi.

  3. Ce texte m’effraie tant il pourrait avoir été écrit par mon fils aîné … il n’écrivait pas, il peignait ce néant auquel il aspirait … j’ai été tentée aussi de m’y engouffrer …
    et puis se savoir aimé, malgré tout, et être sauvé

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