« Les absents sont des trous dans nos coeurs. »

Au lycée, Brune a un coup de foudre amical pour celle que tous surnomment Brigitte. Pendant dix ans, Brune et Brigitte sont les meilleures amies du monde. Elles grandissent et aiment ensemble, chacune à leur manière bien différente.

Quand elles ont vingt-cinq ans, sans que Brune en comprenne la raison, Brigitte disparaît de sa vie pour se construire loin d’elle.

Au moment de sa deuxième grossesse, Brune ne voit plus Brigitte depuis six ans. Lorsqu’elle la voit apparaître dans ses rêves, elle tente de comprendre ce qui les a séparées.

Tout d’abord, j’ai eu beau chercher, je n’ai trouvé absolument aucune critique négative de ce roman. A peine un ou deux avis mitigés qui, encore, encensaient la plume de l’auteure à défaut de l’histoire.

Si ce n’est pas mon cas, c’est un avis tout personnel que je délivre et, si l’univers des blogs littéraires reflète les goûts de la population générale, pas de doute que la majorité d’entre vous adorera cette histoire.

Pour ma part, il est très rare que je sois autant agacée par un roman. Et pourtant, j’ai commencé avec un a priori ultra positif. Je n’aime rien plus que les romans d’amitié féminine. Ils me font vibrer comme aucune autre thématique. Et j’ignorais tout de l’auteure, qui se trouve être une blogueuse reconnue, ce qui aurait pu m’inciter à la méfiance étant données mes expériences passées. Mais non. Je suis entrée dans ce roman le coeur léger et le sourire aux lèvres.

Et puis, très vite, je me suis sentie agacée par les récits des soirées au champagne de cette jeunesse dorée.

J’ai lu à plusieurs reprises que ce roman était une exploration de la féminité, mais une féminité dans laquelle je ne me reconnais absolument pas et j’ai la faiblesse de croire que je ne suis pas la seule. Dans les premières pages, la narratrice décrit une de ses amies en disant d’elle « elle a conscience de respirer le sexe ». Puis, ce passage tellement réducteur pour les hommes autant que les femmes : « Séduire un homme, à bien y réfléchir, ce n’est pas compliqué. Etre belle, mystérieuse et douce. Tout leur offrir et sourire le plus grand possible. Puis tout d’un coup, disparaître, rechigner, regarder ailleurs avec mélancolie, demander un sac, une semaine de vacances, être sans cesse insatisfaite. Certains vous disent que non, ils aiment les filles honnêtes et braves, des futures mères de famille qui tiennent la route. C’est faux, ils se rabattent toujours sur les gentilles par dépit, pour faire une pause dans leur souffrance et leur fatigue. Parfois, ils ont seulement besoin d’un fond sonore, d’une ambiance, un peu comme une télévision éradique un silence pesant ».

Un homme aurait écrit ça, j’aurais hurlé à l’abruti. Les femmes n’ont donc pas d’autre choix que d’être garce ou potiche? J’aurais sûrement même hurlé deux fois puisque, la page d’à côté, j’ai lu ça : « Au vu de ce qu’on m’a dit, je crois qu’elle puait juste la féminité. Elle s’offusquait en levant les yeux au ciel, terminait ses phrases en points d’interrogation, soupirait en papillonnant des cils, elle n’était jamais vulgaire et était soûle au bout d’une coupe. Elle affirmait à chaque nouvel élu qu’avec lui ce serait différent, elle pleurait en lui disant qu’elle l’aimait à la folie et qu’elle y croyait cette fois-ci. Bien sûr, elle raffolait de la sodomie. »

Mais les clichés sexistes ont la part belle dans l’univers de Brune et Brigitte où, un lendemain de soirée « Les garçons essayaient de réparer une vieille moto, les filles parlaient chiffons et comméraient sur d’autres. » et ou le mari trompé ne peut s’en prendre qu’à lui même puisque « Personne ne lui avait expliqué comment tenir une femme ».

Ajouté à cela des références astrologiques toutes les dix pages, des réflexions qui donnent envie de suggérer à la narratrice d’étoffer sa bibliothèque qu’elle prétend bien garnie (« Est-ce une question d’éducation, de classe sociale? La haute bourgeoisie impliquait la pudeur des sentiments, l’absence d’effusions au profit des résultats et des objectifs atteints. ») et d’autres qu’on attendrait plus dans la bouche d’une adolescente (« L’absence est pire que la mort » ou « Ils ne s’imaginaient pas combien de temps je l’avais attendu, cet amour » quand la narratrice n’a pas vingt ans et « J’étais née pour vivre cette tragédie, l’écrire et mourir » quand l’amant de la narratrice part un an en Italie), pas mal de vulgarité (« les voies du Seigneur sont impénétrables, contrairement à moi ») et de la philosophie de comptoir qui me laisse encore pensive (« Le porno nous dirige, alors que nos enfants dirigeront le porno. » , « La vie est une partouze et les enfants regardent »), il me reste le goût non pas d’une histoire d’amitié mais celle d’une Princesse perpétuellement déçue par la vie, les hommes qui n’ont « pas le droit d’être faible » et son amie « perverse, mauvaise, lunatique ».

Je suis donc certainement la seule à le penser mais « Sous le soleil de tes cheveux blonds » a été pour moi un livre agaçant à tout point de vue que j’ai lu en visualisant parfaitement les petites garces de certains lycées qui me donnent des frissons dans le dos quand j’imagine que mes fils pourraient traverser un âge assez bête pour s’en enticher.

A lire ivre de champagne.

One Reply to “« Les absents sont des trous dans nos coeurs. »”

  1. Entre les extraits que tu cites et ton avis, j’ai l’impression que l’auteur confond la féminité et la vulgarité. Je comprends ton agacement. N’y a-t-il que les extrêmes pour exister ???

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