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« Court est notre jour et immense est la nuit » 16/…

2017-07-16 16.28.29

Le lendemain matin, lorsque Mathieu arriva sur le terrain, Marie l’attendait, assise devant sa maison, entre deux tasses de thé fumantes. Le petit garçon était déjà parti jouer près de la rivière. Il s’était mis en tête de construire un barrage qui lui permettrait de détourner une partie du cours d’eau pour le contraindre à alimenter directement la petite cabane qu’il avait bâtie presque seul. De la maison, on l’entendait chanter à tue-tête et parler à un animal qui devait l’observer ou à un ami imaginaire, comme le font souvent les enfants de son âge.

Le soleil dans les yeux, Marie fronçait tout son visage quand elle tendit une des tasses à Mathieu pour lui souhaiter la bienvenue. Sans un mot, Mathieu saisit la tasse, sourit chaleureusement et s’assit auprès d’elle. Les choses semblaient bien différentes de la veille, légères comme elles devaient l’être.

—        J’ai l’impression que toutes nos journées ensemble débutent par des regrets… Mais je voulais tout de même vous présenter mes excuses pour hier. J’espère ne pas vous avoir mis mal à l’aise. Je vis seule ici depuis deux ans. Je n’ai plus vraiment l’habitude de parler. Surtout à un autre adulte !

—        Ne vous inquiétez pas. J’étais fatigué aussi. Et puis, grâce à ça, vous m’offrez un thé ce matin. Ça valait le coup !

—        Je voudrais qu’on reparte sur de bonnes bases. Je n’ai pas envie que vous parliez de moi comme de la folle sur sa montagne quand vous aurez fini de travailler ici. Je préférerais vous laisser un meilleur souvenir.

—        Entendu. Mais si ça peut vous rassurer, ma parole ne porte pas beaucoup dans le coin. Je vous rappelle que je suis ce gars de trente-cinq ans qui vit toujours chez sa mère, dans une chambre tapissée de posters de foot.

Marie sourit. Elle se sentait bien à ce moment précis. Il lui paraissait ridicule d’avoir vu en Mathieu une menace les jours précédents. Il était d’ailleurs peut-être temps de mettre un terme à son exil et de s’ouvrir à nouveau, doucement, au monde.

—        J’ai fait des courses au village hier soir. J’ai de quoi nous préparer des sandwiches pour ce midi. Vous déjeunez avec nous ?

—        Avec plaisir.

À la mi-journée, Marie dressa au milieu du terrain une table sur laquelle elle déposa de l’eau fraîche, du pain de seigle, du fromage, du beurre, des tomates, du miel et des confitures. Rien de plus simple. Elle n’était plus capable depuis longtemps de planifier quoi que ce soit et ce genre de pique-nique illustrait parfaitement leurs repas quotidiens à Gaël et elle depuis deux ans. Des produits bruts et savoureux. Rien de cuisiné. Lorsqu’elle se sentait bien, Marie voyait en cette alimentation le retour à la simplicité auquel elle pensait aspirer. Elle vantait pour elle-même la recherche du goût à laquelle elle s’adonnait. Elle ressentait de la fierté à ne pas nourrir son fils de produits chimiques, de ne pas avoir à se soucier des molécules cancérigènes qu’on découvrait chaque jour et qu’il aurait pu ingurgiter. Les autres jours, elle y voyait la preuve qu’elle était bel et bien coupée de ses sens et qu’elle se refusait désormais jusqu’aux plaisirs de la table, ceux qu’elle avait conservés le plus longtemps. Elle savait aussi que ce choix constituait un des effets de la léthargie dans laquelle elle était plongée depuis plusieurs années maintenant et qui l’amputait de sa capacité à réaliser les tâches les plus simples. Mais elle ne trouvait aucune solution pour agir autrement. Elle ne pouvait qu’inlassablement faire varier les interprétations des mêmes actes. Lorsqu’il vit Marie et Gaël attablés, Mathieu interrompit son travail. Il se lava les mains à la rivière et alla les rejoindre. Il était un peu inquiet. Marie avait réagi les jours précédents de façon pour le moins imprévisible et il n’excluait pas que ce déjeuner trouve une issue une nouvelle fois désagréable. Mais Marie semblait sereine. Elle lui souriait et, même si elle entourait son fils de son bras, comme pour le protéger d’une probable attaque de Mathieu, il se tenait à table avec eux. Gaël avala son repas en quelques minutes et presque sans un mot. Il ne gardait en tête que son projet du matin et considérait cette pause dans ses travaux comme une pure perte de temps dont il rendait sa mère entièrement responsable.

Mathieu observait le petit garçon avec tendresse et amusement. Il se souvenait de son enfance passée dans ces mêmes montagnes, des heures de jeu en pleine nature, seul ou avec son frère, des cabanes, des arcs en bois, des flèches grossièrement taillées, mais qui devaient leur garantir une chasse miraculeuse, des baignades dans les ruisseaux d’altitude. Il avait passé des journées entières à s’imaginer vivre des aventures aussi dangereuses que palpitantes. Il se souvenait qu’il préparait avec son frère, de deux ans son aîné, des expéditions. Pendant plusieurs jours, ils consacraient leur temps à réunir du matériel et des provisions dans des sacs à dos et à dresser des cartes devant les mener à la découverte de trésors. Pendant ces longues heures, ils imaginaient ce que serait ce merveilleux voyage. Ils s’inquiétaient de parvenir à allumer un feu à la nuit tombée et ils prévoyaient des tours de garde pour veiller sur l’autre et le protéger d’éventuelles attaques de bêtes sauvages pendant son sommeil. Ils anticipaient toute l’aventure dans ses moindres détails. Puis, immanquablement, lorsqu’arrivait le jour du grand départ, après avoir marché quelques heures en forêt ou à travers champs, ils se disputaient pour une bêtise. Ou l’un des deux se blessait ou prenait peur. Et ils rentraient en courant retrouver leur mère bien avant le crépuscule. Si bien qu’ils n’eurent pas à se confronter au refus de leurs parents qui ne les auraient jamais autorisés à passer la nuit dehors ailleurs que dans le jardin de la maison familiale. Il se souvenait de tous ces délicieux moments avec nostalgie et il enviait la fraîcheur du petit garçon qui vivait encore de ses rêves sans jamais avoir eu à faire face à la noirceur de la réalité.

Gaël quitta la table rapidement, sans demander aucune permission, un morceau de pain à la main, laissant Marie et Mathieu en tête à tête. Marie fut la première à rompre le silence qui s’était installé :

—        Les travaux avancent comme vous voulez ?

—        Très bien oui. Pas de mauvaise surprise. J’aurai sans doute terminé à la fin de la semaine.

—        C’est super. Merci encore. Je crois que je ne m’en serais pas sortie sans vous. Je ne suis pas vraiment bricoleuse et, apparemment, les ouvriers du coin manquent de disponibilité.

—        Comme partout non ? Et, sans vouloir vous vexer, vous n’êtes sûrement pas une cliente intéressante. Vous représentez un petit chantier, mais qui demande beaucoup d’heures. Sans compter l’accès au terrain qui n’est pas des plus aisés ! Il ne faut pas se poser la question de la rentabilité pour venir travailler chez vous.

—        C’est vrai ! Vous avez raison. Ce sont des travaux qu’on ne peut exécuter que pour faire plaisir à sa Maman… C’est quoi votre métier à vous, quand vous ne bricolez pas chez les sauvages ?

—        Je ne sais pas si vous me ferez encore confiance quand vous saurez…

—        Essayez toujours. Je n’ai pas vraiment le choix de toute façon. Vous avez fait des trous partout dans mon jardin.

—        Je travaillais dans la finance.

—        C’est vague ça ! Vous faisiez quoi ?

—        Je conseillais des entreprises pour leur permettre d’utiliser au mieux les dispositifs fiscaux en vigueur.

—        Pour payer le moins d’impôts possible ?

—        C’est à peu près ça. Tout ce qu’il y a de plus légal. Il faut juste faire abstraction de la moralité de l’affaire. C’est ce que je n’ai pas su faire.

—        D’où le retour chez Maman ?

—        Ce ne fut pas si direct que ça, mais oui. J’ai dû prendre un petit détour salvateur avant le retour à la case départ.

—        Vous me racontez ?

—        Je ne crois pas que ce soit vraiment passionnant. Mais si vous voulez… Je pense que j’ai vécu une prise de conscience classique. J’ai fait un énorme burn-out il y a trois ans. Un matin, il m’a paru totalement hors de propos de me lever pour aller travailler. Il ne s’était rien passé de particulier la veille. Rien de plus que les dix années précédentes. Mais ce n’était plus possible. Malgré toute la bonne volonté dont je voulais faire preuve, je ne pouvais tout simplement plus. J’étais dépossédé de moi-même. Je n’ai rien trouvé d’autre à faire que de me rouler en boule dans un coin et de pleurer. J’ai versé des larmes la journée entière, pelotonné dans mon lit. J’entendais au loin le téléphone qui bipait. Je savais que c’était certainement le bureau qui me cherchait. Mais ça ne me paraissait pas du tout réel. J’ai laissé sonner jusqu’à ce que mon appareil s’éteigne, à bout de batterie.

C’est ma copine qui m’a trouvé le soir, en rentrant du travail. Elle a d’abord cru que quelque chose s’était passé. Quand elle a compris que non, elle a complètement paniqué. Elle ne parvenait pas à envisager que le grand mec sportif et toujours prêt à faire la fête ait pu laisser la place à cette immense carcasse secouée de sanglots. Ce n’était pas rationnel.

Elle a appelé SOS Médecins. Le type est arrivé assez vite. Il m’a à peine adressé la parole. Ou alors je ne m’en souviens pas. Je n’ai peut-être même pas compris qu’il me parlait. Et puis ils sont partis tous les deux dans le salon. Je les entendais discuter de moi à voix basse, comme si ce qu’ils disaient ne me concernait pas le moins du monde. Et je m’en foutais complètement. Il m’a prescrit des antidépresseurs, un mois d’arrêt et m’a orienté sur un suivi psychiatrique.

J’ai bouffé des cachetons pendant des mois. Je me traînais comme une loque dans notre appartement. Je n’étais même plus triste. Je n’étais plus rien. Je ne sortais qu’une fois par semaine pour voir le psychiatre. Cette sortie, je l’organisais pendant six jours, comme si j’allais gravir l’Everest. Je préparais mes vêtements trois jours à l’avance. Je me repassais le chemin dans la tête, carrefour après carrefour. Je visualisais l’attente dans la petite pièce qui jouxtait son bureau pendant qu’un autre que moi finissait de s’épancher sur ses propres maux. Et puis je m’arrêtais là. Incapable de savoir ce que je lui dirai. D’ailleurs, je ne lui disais rien. J’avais erré sans but toute la semaine de la chambre au salon. Je me lavais à peine, je ne lisais pas, je ne regardais même pas la télé. Je faisais juste rien. Je contemplais la boue qui m’envahissait progressivement sans que je puisse l’empêcher. Je me contentais de constater les dégâts. Je me sentais comme ces maisons complètement infestées par la terre et la crasse après une inondation. J’étais asséché, mais j’étais sale. Vide et sale. Et incapable de faire le ménage en moi. C’est comme ça que je me sentais quand j’arrivais chez le psy. Mais j’avais pris soin de me bien coiffer, de porter des vêtements propres et d’arborer mon air le plus détaché. Je m’asseyais face à lui, je lui souriais, confiant. Et je lui disais que, oui, je me sentais beaucoup mieux. Que le traitement me faisait du bien. Que je reprenais pied. Tout ce que je pensais devoir dire. Je me trouvais si con. Qu’est-ce qu’il aurait fallu que je dévoile ? J’ai un chouette appartement, une copine magnifique et pétillante, des parents aimants. Je suis en bonne santé, j’ai du travail, je suis même bien payé. Et pourtant, je me laisse gagner par le néant. Je ne m’en sentais pas le droit. J’avais honte de m’asseoir devant lui chaque semaine alors que je n’avais pas de problème. J’avais honte de m’être effondré comme ça et de ne pas savoir rebondir. Au fond de moi, j’espérais qu’il ne se laisserait pas avoir. Je me disais que c’était un professionnel. Qu’il devait avoir l’habitude des gens qui mentent. Et qu’il m’aiderait malgré tout. Malgré moi.

J’avais cet espoir chevillé au cœur à chacune de mes visites. J’imaginais que son silence, sa façon de hocher la tête et son sourire condescendant faisaient partie d’une stratégie thérapeutique et qu’il était en train de m’aider à mettre en place des pistes pour me sortir du trou dans lequel j’étais tapi.

Mais, un jour, ça devait faire six mois que je venais le voir toutes les semaines sans aucun résultat, il m’a dit qu’il mettait fin au suivi. Il était très satisfait de mes progrès. J’avais montré que je disposais des ressources nécessaires à surmonter le « petit accident de la vie » qui m’était arrivé. Il n’y avait aucune raison que ça se reproduise. Il avait confiance en mes capacités. Il a rédigé une ultime ordonnance pour le sevrage des antidépresseurs, il m’a serré la main et je me suis retrouvé dehors.

Je me sentais épuisé et j’avais peur. Peur que ça recommence. Peur de ne pas m’en sortir. Je m’en voulais aussi de ne pas avoir su profiter des heures que j’avais passées dans ce bureau pour dire à quel point j’allais mal. Et, plus que tout encore, j’étais en colère contre ce soi-disant spécialiste qui me laissait repartir dans la nature alors que je ne m’étais jamais senti aussi mal de ma vie. J’avais confié ma guérison à un type qui n’y connaissait manifestement rien et se contentait de gober les paroles du paumé assis en face de lui du moment qu’il signait un chèque avant de partir.

J’en ai parlé le soir même à ma copine. Depuis plusieurs semaines, je sentais qu’elle supportait de moins en moins de vivre avec un homme qu’elle ne reconnaissait pas. Quand je me suis ouvert à elle, c’était un peu ma dernière chance d’obtenir de l’aide. Puisque le médecin m’avait abandonné, il ne me restait qu’elle. Mais, contrairement à ce que j’espérais, elle a vu dans la décision du psychiatre la preuve que j’allais bien et que, simplement, je me laissais aller. Ça confirmait parfaitement de ce qu’elle pressentait. Elle m’a expliqué, sans enrobage, qu’elle ne pouvait pas vivre avec quelqu’un qui se laissait couler comme ça sans réagir. Ça l’insécurisait. Et s’il lui arrivait quelque chose à elle ? Je serais où ? Elle ne pouvait pas me porter plus longtemps à bout de bras comme ça. C’était trop dur. Elle devait penser à elle et sortir de cette incertitude qui commençait à la ronger. Et elle est partie. Elle a mis quelques affaires dans un grand sac, elle a appelé une amie et elle est partie.

Sa décision devait être prise depuis longtemps déjà pour qu’elle passe à l’acte aussi facilement. Elle ne savait juste certainement pas comment me l’annoncer. Je lui avais donné ce soir-là une opportunité qu’elle ne pouvait pas laisser passer.

Loin de m’effondrer, j’ai vécu l’officialisation de cette rupture qui couvait depuis des mois comme un soulagement. J’avais perdu ma copine et j’allais perdre ce boulot où je ne pouvais définitivement pas retourner même si plus aucun arrêt de travail ne justifiait mon absence. Mon appart suivrait, sans l’ombre d’un doute. J’avais enfin des raisons de me sentir si mal. L’univers avait un peu failli en m’envoyant les effets avant la cause, mais tout rentrait finalement dans l’ordre.

Bizarrement, de ce jour, les choses ont commencé à s’arranger. J’étais toujours malheureux, mais je n’avais plus honte. Toute cette peine avait un objet, une raison d’être. Du coup, je pouvais en parler. On m’appelait pour prendre de mes nouvelles, on me proposait de l’aide, des sorties. J’ai dû raconter mon histoire des milliers de fois. Mais je présentais toujours d’abord ma rupture, comme l’origine du mal et pas comme sa conséquence. Une légère adaptation de la vérité dont les gens qui m’écoutaient s’accommodaient très bien.

Je me suis laissé plaindre quelques mois encore comme ça, sans trop réagir. Mes parents payaient une partie de mon loyer, mon chômage absorbait le reste. Ça allait.

Et un matin, je me suis réveillé en prenant conscience que j’étais jeune et que j’étais en train de passer à côté de ma vie. Mes amis avaient commencé à se lasser. Même ma mère me pressait de chercher un nouvel emploi de plus en plus régulièrement. Je devais passer à autre chose. J’avais besoin d’un changement radical pour tourner la page. Comme l’existence est pleine de signes, c’est à cette période que j’ai croisé dans le métro un garçon qui étudiait en prépa avec moi et que je n’avais pas revu depuis cette époque-là. Il avait été élève d’une école d’agronomie et m’a raconté qu’il travaillait sur un projet de village alternatif. Avec un groupe de militants associatifs dont il faisait partie, ils avaient acheté un immense terrain de plusieurs hectares dans la Creuse et ils se démenaient pour y construire des habitats écolos. C’était une idée hyper ambitieuse. Ils envisageaient une vie en quasi-autonomie. Ils devaient pouvoir produire leur propre énergie, une bonne part de leur consommation de fruits et légumes et même pourvoir à l’instruction des enfants avec une école alternative à base d’éducation positive et de rapprochement de la nature. Sur le papier, ça semblait un monde idéal. Je lui ai dit que j’étais intéressé, s’ils avaient une petite place pour moi. Il n’y avait plus de parcelle à habiter, et je n’en avais de toute façon pas les moyens financiers, mais il m’a proposé de participer au projet en logeant chez lui pendant le temps que ça me plairait. J’ai sauté sur l’occasion. J’ai libéré mon appartement, vendu la plupart de mes affaires et je suis parti dans la Creuse. Ce fut une chouette expérience, une belle transition. J’ai redécouvert que je pouvais être utile, que les compétences que j’avais acquises jusqu’alors n’étaient pas vaines et que je pouvais les mettre au service de quelque chose auquel j’adhérais, quelque chose de plus grand que moi. J’ai rencontré des gens formidables. Des idéalistes un peu allumés, mais aussi des personnes avec les pieds bien ancrés au sol, mais qui voulaient croire qu’ils pouvaient être le changement dont le monde avait besoin. Et, effet collatéral non négligeable, maintenant, je sais raccorder une habitation à une source proprement !

—        Waouh ! Quelle histoire ! Je vous trouve très courageux.

Marie n’aurait jamais imaginé que Mathieu ait vécu une expérience aussi intense. Elle se sentait sincèrement admirative du parcours du jeune homme et de la facilité avec laquelle il parlait de ses moments de doute. Elle estimait que c’était formidable qu’il ne ressente pas le besoin de cacher les raisons pour lesquelles il avait traversé une période difficile.

Mathieu reprit :

—        Courageux ?

—        Oui ! Tout quitter pour une si belle aventure. Et puis ne pas vous laisser couler. Trouver la force de vous mouvoir vers autre chose qu’une fuite. Je considère que c’est courageux.

—        Pas plus qu’assumer son désir de nature et offrir tout ça à votre fils en dépit des conventions sociales. Parce que vous avez bien dû quitter deux-trois trucs aussi, non ?

—        Certainement, oui. Mais c’est une autre histoire… J’ai l’impression que le temps se couvre. Je vais ranger tout ça et vous laisser travailler.

Et, sous un ciel parfaitement bleu, Marie entreprit de débarrasser les restes de leur déjeuner.

 

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